Luxembourg – Paris – Luxembourg – 1871

Migrations au temps de la Commune

Exposition au Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg

 

 

               La Commune de Paris  - 1871 vit se lever le peuple de Paris pour défendre la patrie et la République qu’il voulait démocratique, sociale et universelle. Parmi les insurgés du 18 Mars 1871, sur les remparts de Paris assiégé, derrière les barricades se battaient côte à côte les travailleurs de Paris, ceux venus de la province et des pays voisins, notamment du Luxembourg. Après l’écrasement de la Commune, des milliers d’insurgés, pour échapper à la répression, trouvèrent refuge dans les pays voisins.

            L’exposition « Luxembourg – Paris – Luxembourg » illustre ce double aspect.

            Elle raconte d’abord l’histoire des Luxembourgeois qui, pour échapper au chômage et à la misère qui sévissent dans leur pays, s’expatrient en masse vers Paris. Ils se rassemblent surtout dans le Faubourg Saint Antoine. Ils sont ébénistes, ouvriers sur les chantiers du baron Haussmann, typographes, employées de maison. Pour eux, Paris est une terre d’accueil et de progrès dans tous les domaines.

            Pour défendre ces valeurs, quand Paris est assiégé par les Prussiens, ils s’engagent nombreux dans la Garde nationale. Ils y restent quand la Commune est proclamée car les idéaux du pouvoir populaire sont les leurs. Quand la Commune est vaincue, ils subissent la répression à un double titre : comme ouvriers et comme étrangers. Près de 200 sont traduits devant les conseils de guerre, une trentaine sont condamnés à la déportation.

            En parallèle l’exposition retrace le parcours de plusieurs Communards français qui séjournent au Luxembourg pour échapper aux poursuites. Les plus connus sont Mortier, élu de la Commune dans le 11e arrondissement et Audoynaud, membre du Comité central de la Garde nationale où il représente le 12e arrondissement. Tous les deux, militants dans le Faubourg Saint Antoine, ont vraisemblablement connu des travailleurs immigrés luxembourgeois. Le proscrit le plus célèbre, bien que n’ayant jamais été Communard, est Victor Hugo qui se réfugie au Luxembourg en Juin 1871, contraint de quitter sa maison de Bruxelles parce qu’il a proposé d’y accueillir les Communards exilés.

            Des proscrits moins célèbres sont accueillis dans les faubourgs populaires de le ville de Luxembourg. Deux d’entre eux, François Sordet et Auguste Martin, y meurent en 1873. Un monument de forme pyramidale est érigé sur leur tombe au cimetière de Plaffenthal. Depuis 1926, au printemps de chaque année, un hommage populaire y est rendu à la Commune de Paris. Le comité du Grand duché du Luxembourg des Amis de la commune de Paris s’associe à cette cérémonie depuis sa création en 1995. C’est lui qui a proposé au Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg d’organiser l’exposition et ses adhérents ont apporté une aide déterminante à sa réalisation.

 

Le vernissage de l’exposition a eu lieu le 23 Novembre 2001 en présence de plusieurs centaines d’invités parmi lesquels nous avons reconnu Mmes  et MM Renée Wagener, Ben Fayot et Mady Delvaux, député(e)s, Janine Frisch, conseillère communale, plusieurs membres de l’association luxembourgeoise des « Amis de la Commune de Paris – 1871 ».

 

 

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